Conscience contre violence (S. Zweig)

En 1936, Stefan Zweig (1881-1942), le célèbre écrivain autrichien, met un point final à la rédaction d’un traité qu’il titre Castellio gegen Calvin. Ein Gewissen gegen die Gewalt, c’est-à-dire Castellion contre Calvin. Une conscience contre la violence (je ne sais pas pourquoi titre et sous-titre sont inversés dans la traduction française). Une nouvelle édition de la traduction faite par Alzir Hella dans les années 40 a été faite pour les éditions joliment nommées « Le castor astral » en 1997, et a été reprise en poche dans la fameuse collection de la LGF en 2010(1). Et c’est une bonne chose.

Car ce livre, s’il n’est pas forcément le plus connu de Stefan Zweig (qu’on pense seulement à des nouvelles comme Amok, Le Joueur d’échec ou à Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, genre dans lequel il excelle), Conscience contre violence a eu une influence considérable sur l’historiographie calvinienne, en prenant le relais de la biographie à charge de Bolsec. O. Millet, grand connaisseur de la vie – et surtout de l’œuvre – de Calvin, a écrit dans sa petite (pratique, peu onéreuse et excellente au passage) biographie :

L’idée était déjà ancienne que Calvin avait été intolérant et fait mourir sur le bûcher, au nom d’une orthodoxie inhumaine et pour hérésie contre la Trinité, Michel Servet. Cette tradition fut orchestrée par Stefan Zweig dans son combat contre le totalitarisme nazi. Conscience contre violence, ou Castellion contre Calvin, paru en 1936 et traduit dans de nombreuses langues, prit donc le relais(2).

La biographie de Bolsec était une biographie très violente contre le réformateur genevois : selon lui, Calvin aurait été adultère, homosexuel, consommateur de prostituées, ambitieux, révolutionnaire, arrogant, …(3) Arguments porteurs au XVIe siècle, mais moins à partir du XVIIIe siècle. Au XXe siècle, mis à part dans certains cercles catholiques, la biographie de Bolsec n’était plus tenue que pour un ramassis d’insultes, ce que, globalement, elle est. Une autre biographie, plus mesurée, plus documentée, plus historique allait combler le manque pour la propagande anti-calviniste. Ce fut Conscience contre violence.

Le juif Zweig n’avait bien entendu pas pour but de prendre position dans le combat théologique entre catholiques et protestants. Si son livre remplace le livre de Bolsec, ce n’est pas son intention première. De fait, plusieurs fois dans ce livre, transparaît son amitié pour la théologie protestante libérale(4). Et s’il abaisse Calvin, ce n’est que pour mettre en lumière un autre théologien réformé, Castellion. L’intérêt historique pur n’est pas non plus la justification, comme dans d’autres biographie, l’autre genre (en plus des nouvelles) où il excelle. Zweig se sert de ces deux figures historiques non pas pour essayer de retrouver la réalité, mais pour dépeindre ce qui, selon lui, est le combat éternel de l’humanité, la conscience des individus contre la violence des pouvoirs :

La théologie n’est rien d’autre ici qu’un masque temporaire et fortuit, et Castellion et Calvin eux-même n’apparaissent que comme les représentants visibles d’un antagonisme invisible en même temps qu’insurmontable. Quelle que soit la façon dont on veuille appeler les pôles de ce conflit permanent, tolérance contre intolérance, liberté contre tutelle, humanité contre fanatisme, individualité contre mécanisation, conscience contre force, tous ces mots ne font qu’exprimer les deux termes d’un problème qui se pose pour chacun de nous : faut-il se prononcer pour l’humain ou le politique, pour l’ethos ou le logos, pour la personnalité ou la communauté ? (p. 17-18)

1936, Autriche, violence des pouvoirs, on comprend vite à qui Zweig fait réellement référence. Il s’en cache à peine, citant de-ci de-là la Gestapo (p. 71) ou des événements récents (pour lui). Il dit clairement « nostra res agitur » (cela nous concerne, p. 17). Il fait aussi régulièrement des généralisations comme celle que je viens de citer. Calvin et Castellion ne sont qu’un prétexte. À le lire décrire Calvin (p. 59-67), on sent derrière la plume nerveuse (c’est un des plus beaux passages du livre, au niveau littéraire) qu’il est hanté par ce personnage : comment peut-il par exemple parler des taches rouges qui ornent son visage quand il se met en colère (p. 60), alors qu’aucun tableau ne l’a, bien logiquement, représenté dans cet état ?

Il ne faut donc pas lire ce livre comme le livre d’un historien cherchant la vérité historique. Il s’agit plutôt d’un pamphlet, d’une pièce de théâtre (une tragédie) mettant en scène deux hommes pour montrer d’autres hommes, aujourd’hui. Montrer que toujours, il faut se mettre du côté de l’homme contre la politique. En langage chrétien, on parlerait d’amour  du prochain. En langage politique, on dirait avec le FdG « l’Humain d’abord ».

Ce livre raconte donc pour ce faire l’histoire de la lutte intellectuelle à laquelle se seraient livrés Jean Calvin, le réformateur de Genève et Sébastien Castellion, théologien réformé ayant trouvé refuge à Bâle, autour de la mise à mort de Michel Servet, hérétique assez pittoresque. En 1553, en effet, la magistrature de Genève le condamne au bûcher pour hérésie anti-trinitaire. On ne peut résumer ici l’intégralité de l’affaire mais disons simplement que Calvin, après avoir dénoncé Servet, sert de conseiller au procès, et justifie la sentence après coup. Castellion, en humaniste tolérant, refuse qu’on puisse tuer un Homme pour ses idées, et créé cette tautologie magnifique :

Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme (Hominem occidere, non est doctrinam tueri, sed est hominem occidere). Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle (Castellion, Libellum contra Calvini).

Si l’idée est bonne, ce livre contient beaucoup d’incompréhensions historiques et théologiques, qu’il faut noter pour pouvoir lire ce texte sereinement, surtout quand on est soi-même réformé. L’acharnement présumé de Calvin contre Servet est décrit partialement et exagérément, et il ne tente même pas d’expliquer pourquoi, presque au même moment, l’hérétique Jean Léonard, qui fut banni de plusieurs villes avant d’arriver à Genève, n’y fut pas puni(5). Si toute déviance à la pensée calvinienne était sévèrement punie, pourquoi Léonard n’a rien eu à subir ? Il présente systématiquement les livres, actes et paroles de partisans de Calvin comme ayant été faites sur son ordre exprès, alors que Farel ou Bèze par exemple étaient des gens suffisamment intelligents pour agir seuls. Son appel récurrent à Luther comme créateur de la « liberté chrétienne » contre Calvin sonne aussi faux : Luther, en Homme « normal » du XVIe siècle, ne tolérait pas la liberté de conscience, juste l’obligation que lui Luther avait de ne pas aller contre sa conscience, il était prêt à subir la mort pour ça, sans qu’il y trouve à redire. En fait de liberté de conscience, c’est le système du « cujus regio, ejus religio » qui découle de sa pensée : qu’un catholique en pays protestant émigre, et vice-versa. La pluralité religieuse n’était pas de mise, mais si Luther tolérait des anabaptistes, c’était uniquement dans l’espoir de les convertir, et parce que les territoires luthériens étaient bien plus vastes que Genève et sa campagne. Et ce ne sont là que quelques exemples(6).

Ce livre, aussi exagéré qu’il soit, nous apprend quand même quelque chose. Il nous apprend la valeur de la laïcité, et son vrai sens. Aujourd’hui, la laïcité est utilisée à droite comme une arme contre l’islam, et à gauche comme une bannière idéologique sans réel contenu. En fait la laïcité c’est deux choses :

  • que l’État ne se soumette dans son rôle de législateur à aucun diktat religieux, majoritaire ou minoritaire ;
  • que les organisations religieuses au contraire se soumettent aux lois de l’État.

La séparation stricte des églises et de l’État n’est donc pas la condition sine qua non de la laïcité – mais ce n’est pas ici le débat. Ce que je veux dire, c’est que la théocratie, ou la hiérocratie (gouvernement des prêtres ou des clercs), est toujours à éviter. La pensée religieuse et morale de Calvin est un monument magnifique fait à l’Homme, qui, avec l’aide de Dieu (car sans la grâce première, c’est impossible), peut être de plus en plus moral : c’est la sanctification. Je dois me laisser sanctifier par l’Esprit, et c’est extrêmement difficile. Son organisation de l’église est aussi quelque chose de très bien fait, un exemple pour nos églises aujourd’hui. Mais lorsque les bonnes intentions morales passent d’individuelles (moi chrétien face à Dieu) à sociales (moi citoyen face à l’État), les chosent dérapent. L’État doit assurer un minimum de moralité pour permettre le vivre ensemble. S’il veut aller plus loin, il dépasse son rôle, et le vieil adage « les routes de l’Enfer sont pavées de bonnes intentions » s’applique. Sur les affaires morales et religieuses, l’État doit être minimal et neutre.

Voilà donc mes deux pistes de lecture si vous souhaitez lire ce livre. Lisez-le comme il se présente, c’est-à-dire comme un réquisitoire contre l’hitlérisme et les fascismes. Mais, de façon peut-être plus contemporaine, lisez-le comme une défense et illustration de la laïcité. Sans jamais oublier que ce n’est pas un document d’historien.


  1. L’édition que j’ai achetée date de 2012 et est déjà la quatrième édition, signe de la réussite commerciale de ce titre. Sans autre référence, les citations ou allusions marquées entre parenthèses renvoient à : Stefan ZWEIG, Conscience contre violence. Ou Castellion contre Calvin, traduit par Alzir Hella, Paris, LGF (Le livre de poche), 2012.
  2. Olivier MILLET, Calvin. Un homme, une œuvre, un auteur, Gollion, Infolio (Illico 20), 2008, p. 13-14.
  3. Olivier MILLET, Calvin. Un homme, une œuvre, un auteur, Gollion, Infolio (Illico 20), 2008, p.13.
  4. De fait, Conscience contre violence est à la base une commande d’un pasteur libéral de Genève, Jean Schorer, même si Zweig a largement enfreint le cahier des charges. Cf. Frank Lestringant, « Stefan Zweig contre Calvin (1936) », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 1 | 2006, mis en ligne le 01 mars 2006, consulté le 07 mars 2013. URL : http://rhr.revues.org/4623
  5. Émile LÉONARD, Histoire générale du protestantisme. 1. La Réformation, Paris, PUF (Quadrige 101), 1988, n. 3 p. 303.
  6. Si vous voulez plus de détails sur les « fautes » (ce ne sont pas des fautes, puisque Zweig ne fait pas œuvre d’historien), allez voir l’article déjà cité de Frank Lestringant, « Stefan Zweig contre Calvin (1936) », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 1 | 2006, mis en ligne le 01 mars 2006, consulté le 07 mars 2013. URL : http://rhr.revues.org/4623
Publicités

En passant : « Métronome » de Lorànt Deutsch

Le très utile Comité de Vigilance des Usages Publics de l’Histoire (CVUH) vient de publier une analyse du best-seller « historique » Métronome de Lorànt Deutsch : http://cvuh.blogspot.fr/2012/06/metronome-un-succes-historique.html.

J’en retire deux choses. Premièrement, Métronome est un magnifique instrument de propagande réactionnaire, d’autant plus puissant qu’il s’adresse à un public qui n’est pas capable de prendre le recul nécessaire pour l’analyser. Deuxièmement, les historiens scientifiques doivent reprendre la main en ce qui concerne la vulgarisation : sinon, Métronome risque de ne pas être le dernier représentant de la récupération nauséabonde de l’Histoire.

P.S. : Je n’ai toujours rien écrit sur L’Anarchisme chrétien, comme je le promettais dans le billet précédent. C’est que je suis bloqué au chapitre 5 consacré à la peinture, à laquelle je n’arrive pas m’intéresser, et que j’ai, entre temps, découvert un romancier contemporain passionnant, Arto Paasilinna, et une source médiévale incroyablement attachante, la Vie de saint Louis de Jean de Joinville. Promis, dès que j’ai fini Joinville, je m’y remets 🙂

En passant : « Encyclopédie »

Pour mon master, je travaille sur Vincent de Beauvais, un dominicain du XIIIe siècle connu surtout pour avoir édité la plus grande encyclopédie du Moyen Âge : le Speculum maius (littéralement : le plus grand miroir). Je ne travaille pas sur cet ouvrage, mais sur une œuvre mineure de cet auteur (le De morali principis institutione si vous voulez tout savoir). Mais pour le présenter, j’ai du très rapidement parler de l’encyclopédisme médiéval, et j’ai notamment fait une note sur l’origine du mot « encyclopédie », qui n’existe pas au Moyen Âge. J’ai trouvé le résultat suffisamment marrant* pour la copier ici :

Le mot français « encyclopédie » naît au XVIe siècle, directement tiré d’un mot latin naissant lui aussi à la Renaissance, « encyclopaedia ». La première attestation vient d’un livre publié à Strasbourg en 1508 : le Margarite philosophica encyclopaediam exhibens de Jacques Locher (Jacobus Philomusus, traducteur de La Nef des fous de S. Brant en latin), et qui vient d’une mauvaise lecture de l’Institution oratoire de Quintilien (I, 10, 1), lu « ἐγκυκλοπαιδεία » (encyclopaideía) pour ἐγκύκλιος παιδεία (encýclios paideía) qui signifie : « ensemble des sciences qui constituent une éducation complète ».
Source : Trésor de la Langue Française informatisé, en concordance avec le Dictionnaire de l’Académie Française, 9ème édition, tous deux disponibles sur le site de la CNRTL : http://www.cnrtl.fr/definition/encyclopédie

Profitons-en pour parler du site du CNRTL ( http://www.cnrtl.fr/ ), qui est excessivement pratique pour retracer l’histoire d’un mot, ou tout simplement pour en avoir une définition claire, de bonne qualité et qu’il est possible de citer dans vos travaux universitaires sans passer pour un looser (et il fait bien d’autres choses, je vous laisse découvrir ça).


* : Oui je sais, mon sens de l’humour est très particulier.

Sortie du premier « Livre des sentences » de Pierre Lombard

Pour la première fois en français (il existe une traduction anglaise qui a été publiée entre 2008 et 2010, cf. e.g. le premier tome ici), les éditions du Cerf viennent de publier, dans la collection « Sagesses chrétiennes » le premier livre des Quatre livres des sentences (Liber quartus sententiarum). J’avoue que j’ai poussé un petit cri quand je m’en suis rendu compte !

Pierre Lombard (c. 1095-1160) est un théologien et enseignant (il est l’un des pères de la scolastique) du XIIe siècle, dont le Livre des sentences est l’œuvre principale. Ce Livre des sentences est en fait une collation de citations patristiques et d’auctoritates, rangées systématiquement, et si ce n’est pas le premier livre de ce genre, il est incontestablement celui qui a eu le plus de postérité : il est un manuel de base dans les universités médiévales, à tel point qu’il était nécessaire d’écrire un commentaire de cette œuvre pour pouvoir enseigner : Luther encore était professeur en sentences avant d’être professeur en Saintes Écritures.

Tous les grands penseurs d’Occident l’avaient donc lu et même en très grande majorité commentée : l’accès clair à ces commentaires, et même aux allusions et citations qui sont légions dans tous les livres de philosophie et de théologie médiévales était rendu difficile au non-spécialiste par l’absence de traduction. C’est donc un véritable manque que comble Marc Ozilou en traduisant cette source exceptionnelle, qui fait encore un peu avancer notre compréhension de la pensée de cette époque aussi lointaine que proche de nous qu’est le Moyen Âge.

Parallèlement à l’édition de cette source exceptionnelle, Marc Ozilou nous propose une introduction générale au Sentences et il y aura, à terme, une introduction pour chacun des livres : encore un grand service que rend ce livre à l’étudiant !

Seule petite note négative : le prix. Je sais qu’un livre de plus de 500 pages (il en fait 592) est plus cher à produire qu’un livre de moins de 500 pages. Mais 45€, c’est cher, surtout quand il y en aura quatre : à 40€ de moyenne, l’ensemble couterait 160€, alors qu’il devrait être dans la bibliothèque de tous les médiévistes. Guère abordable.

Pierre Lombard, Les Quatre livres des sentences. Premier livre, trad. Marc Ozilou, Paris, Cerf (Sagesses chrétiennes), 2012, 45€.

Lien sur le site des éditions du Cerf

MàJ : Petit lien intéressant : Benoît XVI faisant l’apologie de Lombard. J’ai aussi trouvé une traduction anglaise, donc mon petit cocorico du début de l’article est supprimé !

Ashéra dans l’Ancien Testament : les exemples de Dt 16,21 ; Jg 6,25-30 et IIRois 17,16

Avertissement : Ce texte est inspiré par un exposé que j’ai donné lors d’un cours d’Ancien Testament le 31 octobre 2011. Ce n’est cependant pas le texte produit lors de cet exposé. S’il a le même sujet, le même départ et le même but, il n’en a pas les mêmes contraintes. L’écrit diffère de l’oral, il est fixé. Ce que j’ai dit le 31 n’a jamais été fixé : j’inventais mes phrases, dans le fond comme dans la forme, en les présentant, en fonction des auditeurs. Prenez donc cet article globalement comme un résumé simplifiant (le public visé n’est pas le même non plus) : les problèmes de traductions sont expurgés, et je passe sur les atermoiements pour livrer ici la substantifique moelle.
Les références chronologiques données, sans précision contraire, sont données avant Jésus-Christ.

Introduction

« Les études sur l’ashérah sont en train de devenir, de plein droit, une sous-discipline des études du Proche-Orient Ancien » disait Wiggings (1),  Ashéra, en effet, pose moult questions à l’historien comme au théologien. Historiquement, en effet la solution donnée au « problème ashéra », comme le dit encore Lemaire, « change considérablement les vues que l’on peut avoir du yahwisme israélite au début de l’époque royale » (2) ; théologiquement, cette solution change les rapports que l’on peut avoir avec les occurrences bibliques d’Ashéra, comme nous le verrons.

Le sujet est donc extrêmement vaste. D’où notre idée de coller trois textes, jugés représentatifs : Dt 16, 21 ; Jg 6,25-30 et 2R 17,16. Mais avant, je crois qu’il faut tout de même établir un rapide status quæstionis (un état des connaissances actuelles), histoire quand même que nous sachions de quoi nous parlons. Que savons-nous d’Ashéra aujourd’hui ? Ce sera donc notre première partie. Puis, assez simplement, nous analyserons chaque passage biblique, les mettant au fur et à mesure en rapport les uns avec les autres.

Status quæstionis

Elle est pas belle ma carte ? Cliquez dessus pour la voir en plus (trop ?) grand.

Ashéra semble être une déesse sémitique très ancienne. En Mésopotamie, une des premières attestation d’une déesse « Ashratu », « dame de la steppe » remonte à Hammurabi (XVIIIe s.) (3), fondateur amorrhéen de l’Empire Babylonien. Ashratu est la parèdre (c’est-à-dire la femme) d’Amurru, un dieu du peuple sémitique des Amorrhéens, peuple d’où viendront et Ugarit et les Cananéens (4). La proximité sémantique entre Amurru et Amorrhéen (dit aussi « Amurrite ») nous renseigne sans doute sur sa place, très élevée, dans le panthéon.

Elle est ensuite connue par l’onomastique (et uniquement par elle) dans les lettres d’El Amarna (XIVe s./Égypte).

A Ugarit (au nord de la méditerranée sur la carte), elle prend le nom de Athirat, et c’est sur elle, grâce au magnifique gisement du XIIIe s. que l’on peut y trouver, que l’on sait le plus. On la considère d’un bel ensemble comme parèdre de El (chef du panthéon ougaritique), même si pas une seule fois la chose est précisée : en effet elle partage avec lui la génitricité des autres dieux. C’est important : El a été absorbé par Yahwé au début du yahwisme. Pourquoi n’aurait-il pas prit sa parèdre ?

Puis, après un millénaire de bons et loyaux services, au tournant du Ier millénaire, Ashéra semble disparaître du monde nord-ouest-sémitique. En phénicien, ‘šrt (première ligne de l’image ci-dessous) ne signifie plus que « sanctuaire », et ce sens se répand araméen. Plus révélateur encore : Ashéra disparait de l’onomastique. Elle survit, mais en Arabie pré-islamique seulement (dans le royaume yéménite de Qatabân). L’importance de ce phénomène est grande : c’est lui qui pose problème aussi bien dans l’exégèse que dans l’épigraphie.

Ashéra en phénicien, en araméen et en hébreu massorétique

Dans l’épigraphie cananéenne justement, deux découvertes archéologiques tendent à prouver que Yahwé avait une parèdre qui serait Ashéra : Khirbet el-Qôm et Kuntillet ‘Ajrud, toutes deux du VIIIe s. Ce n’est pas ici la place de l’étude de ces deux sites en détails : les problèmes qu’ils posent à l’épigraphiste sont énormes. Regardons juste l’inscription découverte sur un pithos (grand vase où l’on faisait le vin) :

ברכת אתכם ליהוה שמרן ולאשרתה
brkt ‘tkm lyhwh šmrn wl’šrth
Je vous bénis par Yahwé de Samarie et par son ashéra

Remarquez le hé final a ashéra (en rouge) : c’est le suffixe de la troisième personne qui ne s’utilise normalement pas avec des personnes, mais uniquement avec des objets (5). D’autres chercheurs tiennent la position inverse. Même si dans ces matières le rasoir d’Ockham est à manier avec précaution, il nous semble plus simple de dire que ni Kuntillet ‘Ajrud ni Khirbet el-Qôm ne sont des preuves réelles de l’existence d’une parèdre de Yahwhé au VIIIe siècle qui serait Ashéra (mais ne prouvent pas non plus le contraire). Couplé à la disparition déjà bien entamée à cette époque d’Ashéra-déesse, il est probable que ces inscriptions renvoient non pas à la déesse Ashéra, mais à un objet cultuel.

Il semble que dès le Chroniste (≈ 300), le fait qu’ashéra ai pu être une déesse semble avoir disparu des consciences juives (il utilise le pluriel, masculin ou féminin, sans problème). La Septante (traduction grecque de la Bible hébraïque, plus tardive que les Chroniques mais antérieure à notre ère) traduit systématiquemet ashéra par ἄλσος (álsos), « bois sacré ».

Il y a différentes possibilités pour la signification de ashéra comme objet sacré du culte. Arbre sacré ? Poteau sacrificiel ? Représentation d’arbre sacré stylisé ? Nous verrons avec les trois textes donnés un peu plus ce que, à l’époque de la rédaction de ces textes, ashéra pouvait signifier (6).

Deutéronome 16, 21

Tu ne planteras aucune ashéra d’aucun arbre à côté de l’autel du SEIGNEUR, ton Dieu, l’autel que tu feras pour toi.
— Nouvelle Bible Segond modifiée

Si nous étions vierges de toute connaissance sur ashéra, nous apprendrions ici 4 choses.

Premièrement, une ashéra se plante. Elle a un lien avec la terre, et tient debout dedans. Deuxièmement, même s’il est possible de la planter, cela est interdit, Yahwé n’aime pas ça. Troisièmement, une ashéra a à voir avec les arbres, ou avec le bois : sa matière, sa forme ou son origine, quelque chose comme ça. Enfin, elle se plante à côté de l’autel et a donc son importance dans le culte (sacrificiel ?).

Il faut noter aussi que ce verset est placé entre deux setumoth. Le texte de la Bible hébraïque qui nous est parvenu est découpé en sortes de paragraphes, les parshioth, qui sont matérialisé par des lettres, le samech (s / ס) et le pê (p / פ) et qui sont appelés dans ce cas setuma et petuha. C’est comme si le verset 21, le verset 22 et le verset 1 du chapitre suivant étaient, chacun, un paragraphe.  Les massorètes, qui ont mis en place ce découpage , insistent ici sur ces versets, jugés extrêmement importants.

Juges 6, 25-30

25 Le soir même, le SEIGNEUR dit à Gédéon : Prends le taureau de ton père et un second taureau de sept ans. Tu raseras l’autel du Baal qui appartient à ton père et tu couperas l’ashéra qui est à côté. 26  Tu bâtiras ensuite selon les règles un autel pour le SEIGNEUR (YHWH), ton Dieu, sur le haut de ce lieu fortifié. Tu prendras le second taureau et tu offriras un holocauste, avec le bois de l’ashéra que tu auras coupé. 27  Gédéon prit dix hommes parmi ses serviteurs et fit ce que le SEIGNEUR avait dit ; mais comme il craignait sa famille et les gens de la ville, il ne le fit pas de jour, il le fit de nuit. 28  Lorsque les gens de la ville se levèrent, de bon matin, l’autel du Baal était démoli ; l’ashéra qui était à côté avait été coupée, et le second taureau avait été offert en holocauste sur l’autel qui venait d’être bâti. 29  Ils se dirent l’un à l’autre : Qui a fait cela ? Ils s’informèrent, firent des recherches et conclurent : C’est Gédéon, fils de Joas, qui a fait cela ! 30  Alors les gens de la ville dirent à Joas : Fais sortir ton fils, et qu’il meure, car il a démoli l’autel du Baal et coupé le poteau cultuel qui était à côté !
— Nouvelle Bible Segond modifiée

Ici, l’ashéra est fabriquée. Il semble donc (contre l’avis d’André Lemaire) que nous n’avons pas ici affaire à un arbre sacré, mais à une production de l’artisanat humain (un arbre élagué ne semble pas ici suffisant). Reste à savoir s’il s’agit d’un poteau ou d’une idole. Encore une fois, le contexte est cultuel. On apprend aussi que ça se coupe.

Ce qui est impressionnant dans ce passage, c’est la virulence de l’attaque : imaginez, le bois sacré de l’ashéra non seulement détruit, réduit en miettes, mais brûlé (et il faut bien plus de bois que ce qu’il ne peut y avoir dans une ashéra pour brûler tout un taureau !) pour servir de bois d’holocauste pour un autre culte ! C’est comme si l’auteur disait : « Regardez, le culte cananéen n’a aucun sens ! On peut brûler des objets extrêmement sacré, et on n’est même pas puni : mieux même récompensé ».

II Rois 17, 16

Ils avaient abandonné tous les commandements du SEIGNEUR, leur Dieu, ils s’étaient fait deux taurillons de métal fondu, ils avaient fait une ashéra, ils s’étaient prosternés devant toute l’armée du ciel et ils avaient servi le Baal.
— Nouvelle Bible Segond

Ce texte vient juste après l’exil d’Israël, on est là dans un texte où on voit naître le monothéisme : c’est « l’école deutéronomiste » qui justifie qu’Israël (et Juda plus tard) soient détruits non pas parce que Yahwé, leur dieu, aurait perdu la guerre céleste contre les dieux des autres nations, mais parce que Yahwé est le seul dieu qui existe et qu’il les a punis pour leur désobéissance (7). L’importance théologique est donc ici énorme. Et dans le rejet de l’idolâtrie, cause de la punition divine, il y a le rejet des ashéroth. Une fois de plus est marquée l’importance énorme que revêt l’interdiction de l’ashéra, ce qui ne laisse de surprendre. On retrouve aussi le verbe « faire ». Pas sacrifiez à, rendu culte avec, ou je ne sais pas. Il semble vraiment que l’interdiction porte sur la fabrication. Peut-être l’auteur est ici encore polémique,

Conclusion

Le premier texte marquait l’interdiction, le second, la réalisation de l’interdiction et le troisième la punition. Ces trois textes sont représentatifs de ce qu’est réellement ashéra dans l’AT. Plusieurs occurrences renvoient bien à la déesse, mais il ne nous semble pas qu’ils soient les plus importantes.

Nous avons à faire à un objet cultuel cananéen de première importance, qui se fabrique, en bois. L’importance — et la virulence — de la polémique contre de tels objets semblent leur conférer une importance primordiale dans l’économie sacrificielle. Pourquoi ? Pourquoi le culte yahwiste n’aurait-il pas pu intégrer les ashéroth, puisqu’il a intégré des dieux cananéens ? Nous touchons ici à quelque chose d’extrêmement complexe, mais aussi passionnant.

Bibliographie sommaire

  • Nouvelle Bible Segond. Édition d’étude, traduction sous la direction de Henri Blocher, Jean-Claude Dubs, Mario Echtler et Jean-Claude Verrecchia, Villers-le-Bel, Société Biblique Française, 2002.
  • Robert Boling, Judges, New York City, Doubleday (The Anchor Bible 6A), 1975.
  • Jean Bottéro, La plus vieille religion : En Mésopotamie, Paris, Galimard (Folio histoire 82), 1998.
  • Mordechai Cogan et Hayim Tadmor, II Kings, [New York City], Doubleday (The Anchor Bible 11), 1988.
  • John Day, Yahweh and the Gods and Goddesses of Canaan, Sheffield, Sheffield Academic Press (JSOTS 265), 2000.
  • André Lemaire, Naissance du monothéisme : Point de vue d’un historien, Paris, Bayard, 2003.

1. Cité (et traduit) par A. Lemaire dans sa Naissance du monothéisme, p. 73.
2. A. Lemaire, Naissance du monothéisme, p. 74.
3. Idem.
4. J. Bottéro, La plus vieille religion, p. 46.
5. La transcription du texte hébreu, la traduction et la remarque philologique sont de A. Lemaire, Naissance du monothéisme, p. 77. J’ai quant à moi remis la retranscription donnée par Lemaire en hébreu « carré », même si cet alphabet est postérieur. Pour la visualiser correctement, je conseille d’installer la police « SBL Hebrew » : voir la page « Ressources » de mon blog. Mais à quoi renverrait alors ashéra ? Peut-on bénir par un objet ? Il semble que le sanctuaire, l’autel et les divers objets du sanctuaire prennent une puissance numineuse (≈ sacrée) assez importante.
6. Ces 4 occurrences de ashéra peuvent paraître bien peu nombreuses par rapport à la quarantaine que l’on retrouve dans tout l’ancien testament. Cependant, elles sont révélatrices et permettent de cadrer la réflexion. Rien ne vous empêche d’aller plus loin, en étudiant les autres occurrences :
Ex 34,13 ; Dt 7,5. 12,3. 16,21 ; Jg 3,7. 6,25.26.28.30 ; 1R 14,15.23. 15,13. 16,33. 18,19 ; 2R 13,6. 17,10.16. 18,4. 21,3.7. 23,4.6.7.14.15 ; 2Ch 14,2. 15,16. 17,6. 19,3. 24,18. 31,1. 33,3.19. 34,3.4.7 ; És 17,8. 27,9 ; Jer 17,2 ; Mic 5,13.
Liste reprise à J. Day, Yahweh and the Gods and Goddesses of Canaan, n.1 p.42.
7. On reviendra peut-être sur la naissance du monothéisme. Si c’était le cas, je mettrais le lien ici. Dans tous les cas, aller voir Lemaire sur ce sujet ne fait pas de mal 😉

M. Philonenko : Lux perpetua, un dossier (RHPR 91/2)

Publié sur l’ancien blog le 01/08/2011

Adresse en en ligne

Ce petit article (12 pages bibliographie, notes complémentaires et même une image comprises, soit 9 pages de texte) est du fameux historien des religions et orientaliste Marc Philonenko, doyen honoraire et professeur émérite de la faculté de théologie protestante de Strasbourg (une liste de ses publications jusque 2010 est disponible ici et jusque 2000 dans le numéro 80/1 de la RHPR), connu notamment pour son édition (avec A. Dupont-Sommer) des Écrits intertestamentaires à la Pléiade, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, …

Il part d’une énigmatique expression qui sert de titre au dernier ouvrage (d’ailleurs posthume) de l’historien belge Franz Cumont. Sans doute à cause de son érudition peu commune, M. Philonenko ne prend ni la peine de dire qui est ce Cumont, ni de traduire les quelques citations latines qu’il fait, ce qui est un vrai problème pour l’historien ou le théologien débutant. Commençons donc, puisque ce blog se destine justement à un tel public, par expliciter cela.

Buste de Franz Cumont. Source : http://www.academiabelgica.it/

Franz-Valéry-Marie Cumont (1868 Alost – 1947 Woluwe-Saint-Pierre) est un historien des religions, archéologue et philologue belge, spécialiste du paganisme gréco-romain, dont il a renouvelé les études, particulièrement sur l’apport des religions orientales (culte de Mithra). Il a enseigné un temps à l’université de Gand. C’était d’ailleurs un Belge convaincu, « très attaché à sa patrie, à son empire – car la Belgique est un empire, [sic et lol, comme disait Sénèque] – à ses traditions, à sa dynastie » ([L. Canet, A. de Maillé], « Franz Cumont, 1868-1947 », in F. Cumont, Lux perpetua, 1949, p.VII).

L’ensemble de ses œuvres sera publié dans une collection, la Bibliotheca Cumontiana. Vous trouverez dans ce dernier lien une liste exhaustive de ses travaux. Son dernier ouvrage, nous l’avons déjà dit, se nomme justement, et malgré et les conseils de son ami Louis Canet (p.147) et l’absence de citation de cette locution dans l’œuvre elle-même (p.147), Lux perpetua (disponible en texte intégral ici). Il semble que M. Philonenko a trouvé là sujet à questionnement, et que là se trouve donc la source de l’article.

Arrivons donc au centre du sujet : qu’est-ce que la locution Lux perpetua alors ? Elle se traduit par « lumière éternelle », comme l’explique V Esdras 2,35 (cf infra) : « lux perpetua : lucebit vobis per æternitatem temporis » (p.150), soit, en français : « Lumière éternelle : elle brillerai pour vous pour l’éternité des temps » [trad. pers.]. Elle est surtout connu pour être dans le Requiem catholique-romain (la messe des défunts, missa defunctorum), dont l’introït commence par : « Requiem æternam dona ei, Domine, et lux perpetua luceat ei », soit, en français : « Donne-lui le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle luise pour lui ». Le parallélisme des membres (parallelismus membrorum, c’est-à-dire le fait que deux stiches se répondent l’une à l’autre, et qui est l’un des traits de la poésie sémitique) pourra faire penser à une origine vétérotestamentaire : ce qui n’est pas fondamentalement faux, mais pas complètement vrai.

En fait, depuis Cumont justement (même si la paternité de la découverte revient plutôt à Montague James, cf p.147), on fait remonter l’expression (lux perpetua et sa tension avec requiem æternam) à la partie uniquement latine l’apocalypse d’Esdras (que l’on nomme aussi V Esdras, l’apocalypse d’Esdras sans ces deux chapitres se nommant IV Esdras), en V Esdras 2,34-35 cité en latin à la page 146 et qui peut se traduire comme ceci : « C’est pourquoi je vous le dis, nations qui entendez et qui comprenez ; attendez votre pasteur; il vous donnera le repos éternel ; celui qui doit venir à la fin du siècle est proche. Soyez prêts à recevoir la récompense de son règne, car une lumière perpétuelle brillera pour vous dans l’éternité du temps ». Nous prenons la traduction de : Les Apocryphes éthiopiens, tome IX : L’Apocalypse d’Esdras, traduction française par René Basset, Paris, Bibliothèque de la haute science, 1899. Libre de droit et disponible en ligne sur : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/esdras.htm . L’origine de l’expression est donc bien latine, mais c’est un ajout dans un livre sémitique.

M. Philonenko, bien meilleur bibliste que ne l’était Cumont (« Il [Cumont] n’avait pas beaucoup pratiqué la Bible » [L. Canet, A. de Maillé], « Franz Cumont, 1868-1947 », in F. Cumont, Lux perpetua, 1949, p.XXI) poursuit la recherche. En effet, si Canet note (Lux perpetua, 1949, note 5 p. 460) distraitement un lien avec Ésaïe 60,19-20 (p.148), il ne poursuit pas, et affaiblit même son lien en liant ensuite ésaïe avec le psaume 35,10 (en fait psaume 36, 10 : par ta lumière nous voyons la lumière, cité en latin : In lumine tuo videbimus lumen, dans ta lumière nous verrons la lumière), de lien plus distendu.

Car le lien avec Ésaïe est pourtant de première importance. Car tout semble indiquer que son origine vient de là. Elle est passée dans les intertestamentaires (I Hénoch 92,4), dans un contexte dualiste, comme d’ailleurs V Esdras, puisque la citation française que nous avons déjà faite de V Esdras 2,34-35 se poursuit par : « Fuyez l’ombre de ce monde, recevez la réjouissance de votre gloire » (p.150). Comme on peut s’y attendre, Qumrân oppose aussi les deux termes, et l’expression est très fréquent (p.151).

Mais il y a migration sémantique : « [e]n Ésaïe 60,19.20, l’expression `ôr ‘olam s’applique à la Nouvelle Jérusalem ; dans l’« Instruction sur les deux Esprits », « lumière éternelle » évoque les jours sans fin du monde céleste ; en V Esdras, lux perpetua désigne les récompenses du siècle à venir ».

Voilà de façon magistrale, quoiqu’un peu complexe, décrite par M. Philonenko l’origine et l’histoire de l’expression Lux perpetua. Nous attendons avec impatience que cette histoire des locutions de la liturgie romaine soit faite, vu l’intérêt qu’elle a pour les passionnés d’histoire de la bible et de sa réception.

Sitographie

Edit novembre 2011 : Une erreur s’est glissée dans l’article de M. Philonenko. Page 150, ligne 16, il faut trouver et lux perpetua lucebat tibi et non et luceant tibi. Cf. RHPR 91/3, p. 478.