En passant : #5mai

J’ai mis en place un BlogCon pour que vous puissiez savoir si j’ai une bonne raison de pas poster. Si ce n’est pas en vert, c’est aussi visible en bonne place dans le menu à droite. En ce moment, c’est orange, donc, pas de post long et intéressant (et ce, pendant encore un mois), même si les sujets me démangent par dizaines.

Donc, juste une petite photo repompée chez Naz Oke pour vous appeler à manifester le 5 mai (j’y serai). Alors, pour vous inviter à y aller, plutôt qu’un long argumentaire que vous lirez pas (mais si vous le voulez quand même, vous pouvez cliquer sur la photo), deux chats. It’s caturday, after all!

À tantôt !

En passant : le nouveau pape catholique-romain

Le site du Christianisme social publie en ce moment quelques articles ou donne des liens très intéressants sur l’élection du cardinal Bergoglio comme pape. Théologiens de la libération (notamment le fameux Leonardo Boff) et sociologues se suivent et analysent – critiquent – cette élection. J’ai moi-même un avis mitigé sur cette élection (mais aussi sur la théologie de la libération, j’en reparlerai sûrement). François ne changera pas l’église catholique-romaine en profondeur. Il est du même sérail que les autres prétendants, il n’y a donc rien à attendre de lui. Peut-être changera-t-il l’image de l’église catholique-romaine, et c’est déjà pas mal. Toute proportion gardée, on se rappelle que la volonté des dictatures de faire croire à la démocratie est souvent le premier pas vers la démocratie réelle. Je tiendrai la liste à jour.

Le vote protestant en question

J’ai pas trop le temps de poster un article développé, je suis en pleine période d’examen, mais j’aimerais bien. Je mets toutefois simplement en ligne le PDF du CEVIPOF et de l’IFOP sur La singularité du vote protestant en question, qui donne les résultats d’un sondage mené sur des protestants concernant leur vote pour les présidentielles de 2012. Le résultat est affligeant. Je copie ici leur conclusion :

Bien que suivant globalement les évolutions affectant l’ensemble du corps électoral sur la dernière période, le vote des protestants se signale toujours par sa singularité, mais une singularité assez nouvelle. Traditionnellement à gauche, il a progressivement évolué pour se porter aujourd’hui davantage vers le centre et la droite. À la veille de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy bénéficie des faveurs d’une majorité des protestants aujourd’hui dans le rapport de force qui l’oppose à François Hollande, contrairement à ce que l’on observe auprès de l’ensemble des Français. On relèvera cependant des divergences d’opinion obéissant à des logiques territoriales, historiques et générationnelles où les plus jeunes semblent adopter des positions plus radicales [principalement pour Marine Le Pen] et suggèrent un vote protestant en mutation.
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Lien du PDF

Ce que je vote

Jusqu’à quel point la christianité du chrétien l’engage t-il dans sa vie personnelle, sociale et politique ? Je ne suis pas le seul à le dire, mais ma réponse est claire : sans aucune limite. L’appel du Christ est total.

Alors lorsque le chrétien va voter (ou refuse de voter ou bien vote blanc), il le fait en chrétien. Il doit donc pouvoir défendre son choix « avec douceur et respect, devant quiconque [lui] demande raison de l’espérance qui est en [lui] » (Première Épître de Pierre 3, 15). C’est ce que je fais ici, en réagissant aux candidats, programme par programme, de façon très schématique (un billet de blog doit rester court) en les comparant aux exigences sociales et morales de la foi chrétienne. Autrement dit, cet article, a deux semaines du premier tour, est la justification théologique de mon choix électoral.

Attention ! Mis à part le vote d’extrême-droite (oui, Marine Le Pen et le Front National sont d’extrême-droite et sont profondément sataniques, j’en reparlerai plus bas), ma réflexion théologique est profondément personnelle. Je n’accuse pas les autres partis et choix électoraux de satanisme : je dis juste que pour moi, leurs positions sont moins chrétiennes que celles que je soutiens. Si vous n’êtes pas d’accord, vous aussi devez « défendre avec douceur et respect … » N’hésitez donc pas à commenter et à me donner votre opinion, dans le respect mutuel ! Car même avec des opinions politiques différentes, ce qui nous relie (le Christ) est plus fort que ce qui nous éloigne.

Un candidat satanique : Marine Le Pen (FN)

Tout d’abord, je tiens à préciser ma compréhension du mot « satanique ». Je ne dis pas que Satan en personne se déguise en femme pour présenter un programme politique, parce que je ne crois pas que Satan soit une personne réelle : l’hébreu SâTâN (שָׂטָן) ne signifie rien d’autre que l’adversaire. L’erreur a été, très tôt, de lui mettre une majuscule : de faire d’un adversaire l’Adversaire et de satan Satan. Donc, lorsque je dis « Marine Le Pen est un candidat satanique », je dis qu’elle s’oppose à l’idée chrétienne dès son fondement. Que voter pour elle c’est agir contre l’Église et contre tout ce que Dieu veut par amour, pour l’Homme.

Pourquoi ? Vous le verrez tout au long de cet article, pour juger de la conformité d’un parti, d’un candidat ou d’un programme avec la doctrine chrétienne, je me base principalement sur le commandement d’amour du prochain. Par qui est-il plus bafoué dans les discours que par Mme Le Pen ? Opposant les classes sociales, les origines, … elle est la candidate de la haine. Je n’ai pas vraiment besoin d’épiloguer là-dessus : le Front National est une insulte pour notre pays.

Les candidats du système : le monde contre le Christ

Les candidats de cette catégorie sont tous des candidats pour lesquels je ne pourrais pas voter, et qui ont tous, à peu de choses prêt, le même programme au service des mêmes intérêts : ceux de la finance, cette idole du XXIe siècle. C’est en ce sens que je comprends « le monde » : c’est en fait l’idolâtrie. D’où la justification chrétienne de mon refus de voter pour eux.

Dans cette catégorie, je classe :

  • Nicolas Sarkozy (UMP) : 5 ans de Nicolas Sarkozy, c’est long. 5 ans où, tant sur le niveau national (mépris du référendum de 2005, politique de casse sociale continuelle, …) qu’au niveau international (la France, d’abord tapis de la politique Américaine est devenu celui de la politique Allemande, sans compter les multiples revirements), l’amateurisme et le népotisme ont régné en maîtres. Sous l’influence directe de l’extrême-droite (ces récents propos sur les « musulmans d’apparence » le montrent bien), ce candidat est dangereux pour notre pays. Sécuritaire, il n’en reste pas moins libéral : pour lui, moins l’état intervient, mieux c’est. Ne pouvant donc faire une vraie grande politique de sécurité (il faudrait être interventionniste), il multiplie les annonces, les lois, sans jamais donner les moyens derrière pour les faire appliquer. Effets d’annonce et poudres aux yeux sont les deux mamelles du sarkozysme.
    Allez, et juste pour le plaisir, 600 raisons de ne pas voter Sarkozy (par Rue89) :
    http://apps.rue89.com/600-raisons-contre-sarkozy
  • Nicolas Dupont-Aignan (DlR) : Il ne partage pas que le prénom avec Sarkozy : la même vision de la politique avec des relents nationalistes en plus. Au moins, la France ne se laisserait pas marcher sur les pieds comme en ce moment, … Cependant, le nationalisme, c’est toujours la guerre.
  • Fraçois Bayrou (MoDem) : Plus libéral encore que Sarkozy, il est le candidat conservateur par excellence : voter pour lui, c’est continuer exactement la même politique, que ce soit en France que dans l’Union Européenne, avec cet objectif fou de vouloir laisser les choses aller leur train, en réduisant juste encore plus la présence de l’État dans l’économie. C’est laisser les plus démunis se faire manger par les plus gros.
  • François Hollande (PS) : Il ne partage pas que le prénom avec Bayrou… Oui, je sais, deux fois la même blague, mais c’est justifié. Social-démocrate est une étiquette qui ne lui va même plus : c’est un social-libéral. Donc, incapable de proposer de véritables solutions : les deux notions (socialisme / libéralisme) s’annulant l’une l’autre. Il n’est peut-être pas dangereux pour la finance, mais il l’est pour le Peuple.
  • Jacques Cheminade (S&P) : J’ai eu du mal à classer ce monsieur Cheminade : il est très mal connu. Par sa lutte contre la finance, j’aurais pu le mettre dans la catégorie suivante, mais il est un point de son programme qui fait réagir mon côté ellulien. En effet, un point principal du programme de Jacques Cheminade est sa confiance totale et absolue dans la technique, sensée arriver en sauveur du monde : espace (il a souvent été moqué pour ses prises de position visant à « industrialiser la Lune »), nucléaire, … Si sa volonté de passer le budget de la recherche à 3% du PIB (soit une augmentation de 40%) est louable, elle est sous-tendue par des présupposés philosophiques qui ne feront qu’empirer le système actuel qui fait que la technique dirige les Hommes. Le progrès pour le progrès est un risque primordial pour la société contemporaine. Ce serait un peu long a expliquer ici, mais je reparlerai sans doute de Jacques Ellul, qui m’inspire énormément sur ces questions.
    De plus, il peut être soupçonné d’antisémitisme et d’homophobie à cause de ses liens avec Lydon LaRouche, politicien américain qui s’est souvent illustré dans ces domaines ; et Solidarité et Progrès, son parti, est parfois considéré comme une organisation sectaire. D’où une certaine méfiance par rapport à ce personnage.

Les candidats chrétiens malgré eux …

Ici sont rangés les candidats pour lesquels, si l’élection était plurinominale, je voterais. Ce sont eux qui luttent pour le rejet de l’idole qu’est la finance, ce sont eux qui luttent pour que le prochain le plus faible : les bons samaritains (Luc 10, 25-37), ce sont eux. Je trouve l’analogie très juste : rejetés par les « bons chrétiens » comme les samaritains l’étaient par les « bons juifs », leur rendant la pareille (peu importe ici qui a commencé), mais étant les seuls à appliquer réellement le commandement d’amour.

Dans cette catégorie, je classe :

  • Eva Joly (EELV) : Tant que l’écologisme politique restera social, tant qu’il ne se soumettra pas à ceux qui pensent un écologisme politique apolitique, comme le voudraient un Nicolas Hulot ou Corinne Le Page, il pourra rester dans cette catégorie. La création est à respecter, l’Homme en a reçu la charge : il doit la contrôler, donc, la protéger. Cette écologisme n’est pas compatible avec le capitalisme. Attention toutefois à pas glisser vers une idolâtrie de la Nature, Gaïa ou autre, et à toujours garder l’Homme au centre de l’Univers.
  • Philippe Poutou (NPA) : Seul candidat ouvrier, il est très sympathique. Ne propose pas grand chose, si ce n’est la lutte.
  • Nathalie Arthaud (UC/LO) : Seule candidate communiste. Dernière trotskyste, elle est finalement très proche de Poutou, car son programme principal, c’est la lutte. Ces deux candidats nous rappellent qu’il ne faut pas tout attendre des élections et des candidats : aucun n’est un messie.

… et mon choix parmi eux : Jean-Luc Mélenchon (FdG)

Voilà, c’est donc pour Jean-Luc Mélenchon que je vais voter. Radical tout en restant réaliste, il est le mieux placé pour faire un bon score. Républicain, il est l’antidote au poison fasciste en France. Des propositions moquées (SMIC à 1700€ par exemple) sont des urgences sociales qu’il n’est même pas éthique de discuter. Sa position face à l’immigration est salutaire. Il porte une véritable parole de gauche, qui, depuis les années 90, semblait avoir disparu.

Le titre de son programme est extrêmement révélateur : « L’Humain d’abord ». N’est-ce pas extrêmement proche du « Prochain d’abord ? » La France n’a jamais été aussi riche, et au même moment, la pauvreté explose. Il est temps que la politique s’intéresse d’abord à eux ! Mélenchon est le bon samaritain.

Bien sûr, le chrétien votant se demandera si sa politique, ostensiblement anti-religieuse, ne fera pas du tort à l’Église (et aux églises). Je suis conscient de ces problèmes : simplement, il est temps aujourd’hui de voir l’intérêt d’Autrui, même non-chrétien, même musulman, avant le sien propre. Je suis étudiant en théologie à Strasbourg : s’il était élu, ma faculté serait sans doute supprimée. Mais un vote n’est pas un chèque en blanc : s’il était élu, je lutterais pour que ma fac ne soit pas supprimée. Et si ça devait échouer… l’amélioration du sort de mon prochain en difficulté serait cependant une justification suffisante. D’autres chrétiens sont effrayés par sa vision très libérale de la morale : mariage homosexuel, avortement, euthanasie… Ce n’est pour le coup pas mon cas, ce sont des mesures que je soutiens. Mais l’argumentation est la même : chrétiens, votez Mélenchon, et luttez ensuite contre ce que vous ne jugez pas bon : participez à la révolution citoyenne, où chaque citoyen peut enfin agir sur la politique nationale ! Et si vous échouiez (si, si, c’est juste), vous auriez tout de même bien agi : pour votre Frère dans le besoin. Rappelons-nous toujours que s’occuper des plus démunis, c’est s’occuper du Christ lui-même (Matthieu 25, 31-46).

Un 11 novembre confisqué

J’ai suivi avec pas mal d’intérêt les cérémonies de commémoration du 11 novembre aujourd’hui. Je dois dire, qu’en tant qu’apprenti historien, que je vois assez mal les confiscations nombreuses et répétées par le Politique de problématiques historiques. Et j’avais un peu peur, quand j’ai entendu que N. Sarkozy voulait changer quelque chose, que ce soit à nouveau le cas. Et je dois avouer que, pour une fois, j’avais tort. N. Sarkozy est bien resté dans son rôle, celui de gestionnaire de la Mémoire de la Nation.

Mais la politique s’en est quand même mêlé. Le 11 novembre, commémorant normalement la fin de la Première Guerre Mondiale, et ses morts « pour la France » veut être transformée en fête pour commémorer « tous les soldats morts au combat » une sorte de condensé, sur le modèle du Memorial Day américain. Il a annoncé aussi un projet de loi visant à inscrire sur les monuments aux morts tous les soldats morts sur les divers théâtres d’opération.

Encore une fois, nous voyons un Président de la République se servant de sa position pour faire de la politique politicienne. Car mélanger le paysans ardéchois mobilisé et mort en Lorraine en 1915 et le soldat de métier mort en Afghanistan, c’est mélanger les choux et les navets ! Le premier, en n’ayant rien demandé, a été forcé de partir se battre pour un pays envahi dont l’ennemi était sur le sol. Le second, ce qu’il faut bien appeler un mercenaire, est parti envahir et tuer des paysans forcés de partir se battre pour un pays envahi dont l’ennemi était sur le sol… Avouez que la mémoire que la nation, c’est à dire le peuple souverain (et pas le gouvernement ploutocratique qui a envoyé ses mercenaires en Afghanistan), doit réserver à l’un et à l’autre n’est pas tout à fait la même.

Il n’est pas question pour moi ici de comparer la gravité des morts. Au niveau personnel, familial, etc… la mort est toujours un événement affreux, et il n’est pas question non plus de se moquer, de se réjouir ou même de rester indifférent face à ces morts : je combats au contraire ces guerres inavouables que mène la France aujourd’hui, et je regrette leurs issues fatales (fatales, mais logiques). Mais un soldat de métier qui meurt à la guerre, c’est plus proche du couvreur qui tombe du toit que de celle du mobilisé. C’est dans son contrat, il a une sorte de prime de risque pour ça : c’est tragique, horrible et tout ce que vous voulez, mais ce n’est pas la même chose.

L’Élysée a justifié ce changement de cap par la mort du dernier poilu et pour éviter que la mémoire ne se « fossilise ». Or, la seule chose que ce changement de cap va provoquer, c’est de diluer la mémoire due aux vrais morts « pour la France » en mélangeant des guerres et des morts qui n’ont rien à voir. En gros, l’État Français est en train de tuer une deuxième fois ceux qui, souvent par la bêtise de généraux incapables placés à la tête des armées uniquement par mérite censitaire, sont mort pour le défendre.

Merci, M. Sarkozy.